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Manger une fois par jour : le jeûne 23/1 entre perte de poids et carences

Océane Perronnet 9 min de lecture

Manger une fois par jour attire parce que la règle paraît simple : un seul repas, aucune collation, puis une longue période sans calories. Derrière cette simplicité, le régime OMAD, pour One Meal A Day, soulève pourtant des questions concrètes : perte de poids, énergie, glycémie, rapport à la nourriture et risques de carences. Ce mode alimentaire peut convenir à certains adultes sur une période encadrée, mais il n’est ni anodin ni adapté à tout le monde.

Ce que signifie vraiment manger une fois par jour

Le principe le plus courant de l’OMAD consiste à jeûner environ 23 heures et à concentrer son alimentation dans une fenêtre de 30 minutes à 1 heure. On parle souvent de jeûne intermittent 23/1. Pendant la phase de jeûne, les boissons sans calories sont généralement privilégiées : eau, thé ou café non sucré. L’objectif est de limiter les apports énergétiques sur la journée, tout en laissant au corps une longue période sans digestion.

Comprendre l’OMAD en 7 questions

Un repas unique ne veut pas dire un repas improvisé

La difficulté principale tient à la couverture des besoins nutritionnels en une seule prise. Un repas unique composé de pizza, dessert et alcool n’aura pas le même effet qu’une assiette structurée avec protéines, légumes, féculents de qualité, bonnes graisses et aliments riches en micronutriments. L’OMAD n’est donc pas une autorisation automatique de “manger ce que l’on veut” sans conséquence.

Une base plus solide consiste à intégrer une source de protéines, des légumes variés, une portion de glucides selon l’activité physique, des lipides utiles comme l’huile d’olive, les noix ou l’avocat, et un apport en calcium ou équivalent selon les habitudes alimentaires. Plus la fenêtre alimentaire est courte, plus la densité nutritionnelle du repas devient importante.

OMAD, jeûne intermittent et jeûne religieux : des pratiques différentes

Il ne faut pas confondre OMAD avec toutes les formes de jeûne. Le Ramadan, par exemple, implique généralement 11 à 18 heures sans nourriture ni boisson, avec une alimentation répartie hors période de jeûne. Le jeûne 16/8 laisse une fenêtre de 8 heures pour manger. Le jeûne partiel, lui, peut descendre sous les 1 000 calories par jour, mais ne repose pas forcément sur un seul repas. Ces différences changent fortement la tolérance, le risque de fatigue et la capacité à couvrir les besoins.

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Pratique Principe Point de vigilance
OMAD 23/1 23 heures de jeûne, 1 heure de repas Risque de repas trop pauvre ou trop lourd
Jeûne 16/8 16 heures de jeûne, 8 heures pour manger Plus souple, mais qualité alimentaire indispensable
Ramadan 11 à 18 heures sans nourriture ni boisson Hydratation et sommeil parfois perturbés
Jeûne partiel Moins de 1 000 calories par jour Restriction calorique importante à surveiller

Perte de poids, glycémie, autophagie : ce que l’on peut en attendre

La perte de poids observée avec le fait de manger une fois par jour vient d’abord d’un mécanisme simple : il est souvent plus difficile d’atteindre le même total calorique avec un seul repas qu’avec trois repas et des collations. Ce déficit peut entraîner une baisse du poids, surtout au début. Mais si le repas unique devient très calorique, très gras ou très sucré, l’effet peut s’annuler.

Le rôle de la cétose et de la dépense énergétique

Après plusieurs heures sans apport, le corps puise progressivement dans ses réserves. Chez certaines personnes, la restriction de glucides et la durée du jeûne favorisent la cétose, un état dans lequel l’organisme utilise davantage les graisses comme carburant. Cela ne garantit pas une perte de graisse automatique : le bilan énergétique global, le sommeil, l’activité physique et le stress restent déterminants.

La glycémie peut aussi être influencée par cette organisation alimentaire. Espacer les prises alimentaires peut réduire les pics répétés d’insuline chez certains profils. À l’inverse, un repas unique très riche en glucides rapides peut provoquer un pic important, suivi d’une somnolence ou d’une faim intense plus tard. L’effet métabolique dépend donc autant du contenu de l’assiette que de la durée du jeûne.

Autophagie : un mécanisme intéressant, pas une promesse magique

L’autophagie désigne un processus de “recyclage” cellulaire stimulé notamment par la privation alimentaire. L’Institut Pasteur évoque ce mécanisme comme un nettoyage cellulaire étudié en laboratoire. C’est un sujet scientifique sérieux, mais il serait excessif d’en faire une garantie de détox ou de meilleure santé chez tout le monde. Le corps n’a pas besoin d’un régime extrême pour fonctionner, et les bénéfices observés en laboratoire ne se traduisent pas toujours directement dans la vie quotidienne.

Une façon utile de réfléchir à l’OMAD est de l’imaginer comme une progression, avec plusieurs étapes entre l’alimentation habituelle et la restriction stricte. Beaucoup de personnes veulent passer directement au repas unique, alors que leur corps, leur agenda et leur relation à la faim ne sont pas prêts. Tester d’abord un dîner plus tôt, puis un 14/10, puis éventuellement un 16/8 permet d’observer les signaux : concentration, humeur, digestion, sommeil, compulsions.

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Les risques à connaître avant de réduire à un seul repas

Manger une fois par jour peut provoquer des effets indésirables : fatigue, irritabilité, maux de tête, vertiges, baisse de concentration, constipation, mauvaise haleine, troubles du sommeil ou fringales importantes. Ces signes ne sont pas toujours souhaitables. Ils peuvent indiquer que l’apport énergétique, l’hydratation ou les électrolytes ne suivent pas.

Carences et rapport à l’alimentation

Le risque de carence augmente quand le repas unique manque de variété ou quand la pratique dure longtemps. Fer, calcium, oméga-3, fibres, vitamines du groupe B, magnésium : plusieurs apports peuvent devenir insuffisants si l’assiette est répétitive. Le problème n’est pas seulement théorique. En une seule prise, certaines personnes se sentent vite rassasiées et n’arrivent pas à manger assez de protéines, de légumes et d’aliments complets.

Il faut aussi surveiller le rapport psychologique à l’alimentation. Si la journée devient une lutte permanente contre la faim, puis le soir un moment de perte de contrôle, l’OMAD peut renforcer un cycle restriction-compulsion. Dans ce cas, un jeûne plus souple ou une répartition classique des repas est souvent plus protecteur.

Profils pour lesquels l’OMAD est déconseillé ou à encadrer

Cette pratique est à éviter sans avis médical chez les femmes enceintes ou allaitantes, les adolescents, les personnes âgées fragiles, les personnes ayant des antécédents de troubles du comportement alimentaire, les personnes diabétiques traitées par insuline ou médicaments hypoglycémiants, ainsi que celles souffrant de maladies chroniques, de dénutrition ou de troubles hormonaux. Le cycle hormonal féminin peut aussi être sensible aux restrictions fortes, surtout en cas de stress, de sport intense ou de sommeil insuffisant.

Les sportifs doivent être particulièrement prudents. Un entraînement intense avec un seul repas peut compliquer la récupération, la synthèse musculaire et l’apport en glucides. Ce n’est pas impossible à organiser, mais cela demande une planification bien plus fine qu’un simple “je saute tous les repas”.

Composer son repas unique sans déséquilibrer sa journée

Si l’on choisit d’essayer, mieux vaut le faire sur une courte période, en restant attentif aux signaux corporels. L’unique repas doit être dense, digeste et suffisamment complet. Une assiette trop légère expose à la fatigue ; une assiette trop massive peut provoquer lourdeur digestive, reflux ou somnolence.

Une structure d’assiette simple

Un repas OMAD équilibré peut s’organiser autour de cinq blocs : protéines, légumes, féculents ou légumineuses, bonnes graisses, puis un complément utile comme un fruit, un yaourt, du fromage, une boisson chaude ou quelques oléagineux. Par exemple : saumon ou tofu, lentilles ou riz complet, grande portion de légumes cuits et crus, huile d’olive, yaourt nature et fruit. Cette structure évite de miser uniquement sur le volume ou uniquement sur les calories.

  • Protéines : œufs, poisson, volaille, tofu, tempeh, légumineuses, produits laitiers selon tolérance.
  • Fibres : légumes, fruits entiers, céréales complètes, graines, légumineuses.
  • Énergie : riz, pommes de terre, quinoa, pâtes complètes, pain au levain, selon l’activité.
  • Lipides : huile d’olive, noix, amandes, avocat, poissons gras.
  • Hydratation : eau régulière pendant la journée, thé ou café sans sucre si bien tolérés.
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Midi ou soir : choisir selon son rythme réel

Le meilleur horaire est celui qui permet de manger calmement, de digérer correctement et de maintenir une vie sociale acceptable. Un repas le soir peut être plus simple en famille, mais il peut aussi perturber le sommeil s’il est trop copieux. Un repas à midi favorise parfois une meilleure énergie l’après-midi, mais rend les soirées plus difficiles. Il n’existe pas d’horaire universel : l’observation personnelle compte plus que la règle parfaite.

Faut-il vraiment adopter l’OMAD ou choisir une option plus souple ?

Le principal avantage de l’OMAD est sa lisibilité : une règle unique, peu de décisions, un cadre strict. Certaines personnes apprécient cette simplicité et ressentent moins de grignotage. Mais cette rigidité est aussi son défaut. Une pratique efficace sur le papier peut devenir difficile à tenir, socialement contraignante ou nutritionnellement pauvre.

Pour beaucoup d’adultes, un jeûne intermittent plus modéré, comme le 16/8, offre un compromis plus durable : moins de prises alimentaires, mais assez de temps pour répartir protéines, fibres et micronutriments. D’autres obtiendront de meilleurs résultats avec trois repas simples, moins d’ultra-transformés et une activité physique régulière. La bonne stratégie n’est pas celle qui semble la plus radicale, mais celle qui améliore la santé sans abîmer l’énergie, le sommeil ni la relation à la nourriture.

Avant de manger une fois par jour de manière régulière, il est préférable d’en parler à un médecin ou à un diététicien, surtout en cas de traitement, de pathologie, de fatigue persistante ou d’objectif de perte de poids important. L’OMAD peut être un outil ponctuel pour certains, mais il ne doit pas devenir une épreuve quotidienne ni remplacer une alimentation équilibrée.

Océane Perronnet
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