Nutition

Manger végétarien sans perdre en force à la grimpe

Océane Perronnet 3 min de lecture

C’est la crainte numéro un dès qu’un grimpeur réduit la viande : perdre en force, voir fondre ses avant-bras, ne plus tenir ses réglettes. L’idée est tenace, mais elle confond deux choses. Ce qui construit et entretient le muscle, ce n’est pas l’origine animale ou végétale des protéines, c’est la quantité totale, la qualité de la répartition et le stimulus de l’entraînement. Autrement dit : on peut tout à fait grimper fort en mangeant végétal, à condition de ne pas s’y prendre à l’aveugle.

Le végétal ne fait pas perdre en force, une mauvaise gestion oui

Le vrai risque, quand on passe au végétal, n’est pas la nature des aliments mais le fait de manger trop peu de protéines sans s’en rendre compte. Les sources végétales sont souvent moins denses et plus rassasiantes : on se cale sur les fibres avant d’avoir atteint sa cible. Or un grimpeur en force a besoin d’environ 1,6 à 2 g de protéines par kilo de poids de corps et par jour pour entretenir ses muscles et soutenir des tendons mis à rude épreuve.

Concrètement, atteindre ce total uniquement avec des lentilles et du riz demande un gros volume, pas toujours confortable avant une séance de bloc. C’est là que les protéines végétales pour la musculation trouvent leur utilité : une dose concentrée permet de compléter une journée trop légère sans alourdir la digestion. Un appoint bien pratique les jours chargés, à condition de le voir comme un complément et non comme la base de l’alimentation.

Les sources végétales qui tiennent vraiment la route

Toutes ne se valent pas. Pour construire ses repas autour de valeurs sûres, voici des repères pour 100 g :

Source

Protéines (/100 g)

À savoir

Tofu ferme

≈ 15 g

Digeste, se cuisine partout

Tempeh

≈ 19 g

Fermenté, bien assimilé

Pois chiches cuits

≈ 9 g

Base solide, riche en fibres

Seitan

≈ 25 g

Très protéiné, à compléter (pauvre en lysine)

Protéine de pois ou de soja

≈ 80 g

Idéale pour boucler ses apports

Le réflexe qui change tout : associer une légumineuse et une céréale sur la journée (pois chiches et semoule, lentilles et riz) pour obtenir un profil complet en acides aminés essentiels. Le soja et le pois ont aussi l’avantage d’être riches en leucine, l’acide aminé qui déclenche la reconstruction musculaire.

Une journée type qui couvre les besoins

Pour un grimpeur de 70 kg visant environ 120 g de protéines, la cible est plus simple à atteindre qu’il n’y paraît :

  • Matin : flocons d’avoine, lait de soja et beurre de cacahuète (environ 25 g).
  • Midi : tofu ou tempeh, céréale complète et légumes (environ 35 g).
  • Après la séance : une portion de protéine végétale en poudre (environ 25 g).
  • Soir : curry de pois chiches et lentilles (environ 30 g).

Rien d’extrême, aucun aliment magique : juste une répartition régulière sur la journée, y compris les jours de repos, où se fait l’essentiel de la récupération.

Ce qu’il faut retenir

Le régime végétal n’est un handicap que s’il est mal construit. Avec des sources variées, l’association céréales-légumineuses et un apport réparti, la force et les tendons n’ont aucune raison de trinquer. Une poudre végétale reste un outil de confort pour combler les journées difficiles, pas un raccourci. Comme toujours en grimpe, ce sont la constance et les détails bien gérés qui font la différence sur le long terme.

Océane Perronnet
Retour en haut