Santé & Bien-être

Carence en protéines : symptômes, risques et stratégies pour combler vos besoins

Océane Perronnet 6 min de lecture

Les protéines constituent la charpente de notre organisme. Présentes dans chaque cellule, elles assurent des fonctions vitales, de la structure musculaire à la réponse immunitaire. Pourtant, près d’un milliard de personnes souffrent de carences protéiques à des degrés divers. Une carence n’est jamais le fruit du hasard : elle résulte d’un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins physiologiques, qu’il s’agisse d’une sous-alimentation globale ou d’un régime inadapté.

Les pathologies majeures de la malnutrition protéino-énergétique

La malnutrition protéino-énergétique (MPE) regroupe des états pathologiques graves liés à une insuffisance d’apport en protéines ou en calories. Si ces maladies touchent principalement les enfants dans les pays en développement, des formes cliniques apparaissent aussi chez les seniors ou les patients souffrant de pathologies chroniques en Europe.

Besoins protéiques

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Le Kwashiorkor : la maladie du sevrage

Le Kwashiorkor représente une forme sévère de carence protéique. Son nom, issu d’une langue ghanéenne, signifie « la maladie de l’enfant détrôné ». Elle survient souvent lors de la naissance d’un second enfant, obligeant le premier à arrêter l’allaitement au profit d’une alimentation riche en glucides mais pauvre en protéines, comme des bouillies de céréales.

Le symptôme caractéristique est l’œdème abdominal, ou « ventre ballonné ». Ce phénomène résulte d’une baisse drastique de l’albumine sanguine, une protéine essentielle au maintien de la pression osmotique. Sans elle, l’eau s’échappe des vaisseaux et s’accumule dans les tissus. À cela s’ajoutent une décoloration des cheveux, des lésions cutanées et une extrême léthargie.

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Le Marasme : une fonte généralisée

Contrairement au Kwashiorkor, le marasme résulte d’une carence totale en calories, incluant protéines, lipides et glucides. C’est une forme d’inanition progressive. Le corps, privé de carburant, puise dans toutes ses réserves. Le résultat visuel est celui d’un « vieillard » dans un corps d’enfant : la peau devient flasque, les muscles fondent et le tissu adipeux disparaît. Le système immunitaire est alors quasi inexistant, rendant la moindre infection mortelle.

Les signaux d’alerte d’une carence protéique modérée

Dans les sociétés occidentales, les formes extrêmes sont rares, mais les carences chroniques modérées sont fréquentes. Elles s’installent sournoisement, parfois masquées par un poids normal ou un surpoids. Identifier ces signaux permet d’éviter des dommages à long terme sur la santé métabolique.

Infographie des symptômes et effets d'une carence en protéines sur le corps humain
Infographie des symptômes et effets d’une carence en protéines sur le corps humain

Affaiblissement musculaire et fatigue chronique

Le corps humain contient environ 10 kg de protéines, dont 40 % sont stockés dans les muscles. Lorsque les apports alimentaires sont insuffisants, l’organisme consomme ses propres fibres musculaires pour libérer les acides aminés nécessaires aux organes vitaux comme le cœur ou le cerveau. Cette fonte musculaire, ou sarcopénie, se traduit par une faiblesse physique immédiate et une fatigue persistante.

Fragilité des phanères et de la peau

La kératine, le collagène et l’élastine sont des protéines structurelles. Un manque d’apport se manifeste rapidement à l’extérieur : les cheveux deviennent ternes, cassants et tombent anormalement. Les ongles se dédoublent ou présentent des stries. La peau perd de sa souplesse, devient sèche et cicatrise lentement.

Dans ce contexte, le métabolisme passe en mode économie, sacrifiant la régénération des tissus périphériques pour préserver l’essentiel. Cette adaptation forcée limite la capacité de récupération après un effort, créant un cercle vicieux où la fatigue alimente l’inactivité, ce qui aggrave la perte de masse musculaire.

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Groupes à risque et besoins spécifiques

Tout le monde n’a pas les mêmes besoins. Si les recommandations de l’ANSES fixent un apport de référence à environ 0,83 g par kilo de poids corporel pour un adulte sédentaire, certaines périodes de la vie ou conditions physiques exigent une vigilance accrue.

Profil Besoin estimé (g/kg/jour) Risque principal
Adulte sédentaire 0,83 Fatigue, perte de tonus
Sportif d’endurance 1,2 à 1,5 Blessures, mauvaise récupération
Senior (> 65 ans) 1,0 à 1,2 Chutes, sarcopénie
Femme enceinte 1,1 à 1,3 Retard de croissance fœtale

Les seniors et la sarcopénie

Avec l’âge, le corps synthétise moins efficacement les protéines alimentaires. Ce phénomène, couplé à une baisse fréquente de l’appétit, expose les personnes âgées à une fonte musculaire rapide. Cette perte de force augmente le risque de chutes et de fractures, compromettant l’autonomie. Il est souvent recommandé aux seniors d’augmenter la densité protéique de leurs repas, même en cas de baisse d’activité physique.

Les régimes restrictifs et le végétalisme

Le régime végétalien est sain s’il est bien planifié. Une erreur commune consiste à supprimer les protéines animales sans augmenter suffisamment la consommation de légumineuses, de céréales complètes et d’oléagineux. Contrairement aux produits animaux, la plupart des sources végétales ne contiennent pas tous les acides aminés essentiels en proportions optimales. Une complémentarité, comme l’association riz et lentilles, est nécessaire pour garantir une synthèse protéique complète.

Comment prévenir et corriger une carence en protéines ?

La prévention repose sur une règle simple : la qualité des protéines compte autant que la quantité. Les protéines sont composées de 20 acides aminés, dont 9 sont dits « essentiels » car le corps ne peut pas les fabriquer. Ils doivent provenir de l’alimentation.

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Diversifier les sources d’apport

Pour éviter les carences, variez vos sources. Les protéines animales (œufs, produits laitiers, viandes, poissons) sont considérées comme « complètes ». Pour les végétariens, misez sur le soja (tofu, tempeh), le quinoa et le sarrasin qui offrent un profil d’acides aminés complet. Les associations céréales-légumineuses restent la stratégie la plus efficace au quotidien.

Le rôle des compléments alimentaires

Dans certaines situations, comme une convalescence après une chirurgie, des troubles de la mastication chez les seniors ou un entraînement sportif intensif, les compléments alimentaires peuvent être utiles. Les poudres de protéines (whey, caséine ou protéines végétales) permettent d’atteindre les quotas nécessaires sans surcharger l’appareil digestif.

Consultez un professionnel de santé avant d’entamer une supplémentation systématique. Une consommation excessive peut solliciter inutilement les reins chez les personnes présentant une fragilité rénale. L’équilibre reste la clé d’une santé durable.

Océane Perronnet
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